L’actualité de cette rentrée sur Marseillan est marquée par la gestion bâclée des questions scolaires, avec en parallèle le retour à la semaine de 4 jours dans nos écoles.

 

Pour comprendre ce qui s’est passé à Marseillan, revenons un peu en arrière, sur ces fameux « rythmes scolaires » récemment enterrés par décret par le président Macron ….

 

Cette réforme devait être à son origine en 2012 un beau projet, la première étape du projet de « Refondation de l'Ecole ».

 

En effet, le constat avait été posé dès 2008 par un rapport parlementaire (l’Assemblée était à droite à l’époque), mettant en évidence un paradoxe : alors que les élèves Français travaillent quotidiennement plus longtemps en classe que la moyenne des pays industrialisés, pourquoi ces mêmes élèves ont-ils des résultats aux tests plus faibles que les autres ?

 

Les conclusions de ce rapport avaient été claires : les journées de cours en France sont trop longues, à cause de vacances elles aussi trop longues : de ce fait, en fin de journée, les élèves sont moins aptes à recevoir et retenir un enseignement. C’est ce qu’ont compris depuis longtemps nos voisins Allemands, que l’on cite à tort ou à raison et à tout bout de champ en exemple : l’après-midi est souvent consacrée chez eux à des activités ludiques ou sportives, sans que personne chez nous n’ait eu l’idée de les traiter de fainéants.

Le but de la réforme des rythmes scolaires, initiée dès 2012 en France, à été de mieux repartir dans la semaine les temps d'enseignement afin de favoriser la réussite des élèves. La journée de cours a été raccourcie, et en contrepartie le temps scolaire s’est allongé sur 4 jours et demi (contre 4 jours auparavant) au profit d’activités sportives, culturelles, artistiques à destination des enfants pour « contribuer au développement de leur curiosité intellectuelle et renforcer le plaisir d'apprendre et d'aller à l'école ».

La réforme scolaire vue par le maire :

Alors que la grande majorité des villes ont opté en 2013-14 pour la solution « moins d’heures de cours dans la journée et plus d’activités le soir », dans la droite ligne de l’esprit de la réforme des rythmes scolaires, à Marseillan, M. le maire a décidé :

1°) de maintenir la durée de cours comme auparavant les lundis, mardis, jeudis (avec cours en plus les mercredis matins)

2°) de réserver les vendredis après-midis aux activités périscolaires.

En accord, semble-t-il, avec l’association de parents d’élèves et le corps enseignant ; l'Education Nationale a consenti à titre dérogatoire et expérimental à ce choix.

Nous, membres de l’opposition, avons dénoncé en son temps ce choix car nous pensions qu’il risquait de dissuader un maximum de familles. Parce que l’esprit de la loi, devant garantir une meilleure réussite des enfants par le raccourcissement des heures de cours, n’était pas respecté, mais aussi parce que les activités du vendredi ont été rendues payantes, alors que grand nombre de communes avaient choisi la gratuité.

De ce fait environ 30% seulement des enfants ont fréquenté l’accueil proposé sur Marseillan, contre 70% des enfants en moyenne sur les autres écoles de France (enquête conjointe AMF association des maires de France et la CAF).

En clair, la mairie n’a pas saisi l’enjeu des rythmes scolaires en termes de réussite scolaire, d’ouverture au monde par les activités proposées et surtout n’a pas su (ou voulu) saisir l’occasion d’associer le tissu associatif à cet enjeu éducatif. Elle s’est contentée d’offrir un accueil identique à un centre de loisirs, mais avec des moyens minimums.

 

AAA rythmes scolaires

Devant ce peu d’engouement pour des questions majeures relevant de l’intérêt des enfants, nous n’avons pas été étonnés de la décision fin juin par Monsieur le maire d’un retour à la semaine de 4 jours, dès la sortie du décret gouvernemental.

Cette décision, prise dans la précipitation, aurait obtenu l’aval de l’association des parents d’élèves. Certains parents se plaignent cependant de n’avoir pas été réellement ou trop rapidement sollicités.

Quoi qu’il en soit, une majorité de parents se sont prononcés pour un retour à la situation d’avant 2014. Pouvait-il en être autrement au vu des mauvais choix de la municipalité ? Mais peut-être était-ce le but recherché par le maire, qui s’est toujours plaint du coût pour Marseillan des activités périscolaires imposées par la réforme.

Dans le registre du positif, revenir sur le choix du vendredi après-midi est plutôt une bonne chose tant il est prouvé que c’était un mauvais choix. Dans le négatif, il reste aux élus de la majorité de redéfinir la question des rythmes scolaires et surtout la mise en place de ces fameuses activités contribuant à la réussite scolaire. Nous espérons que les parents d’élèves dans leur ensemble se mobiliseront pour œuvrer à une réelle politique de réussite scolaire pour nos enfants.

NB : cette tribune est la version longue de celle publiée sur le journal de la ville, dans la colonne prévue pour l'opposition.