Sans Vergogne ... 

Vieille expression, mais c’est celle qui s’applique le mieux au dernier conseil municipal du 30 octobre. Autour en particulier de deux questions.

 

OPERATION LA BARAQUETTE : TOUT POUR LES PROMOTEURS ! RIEN POUR LES MARSEILLANAIS !!!!

Novembre 2018 : le maire défend le projet Baraquette en Conseil municipal

L’un des points abordés touchait au retour sur le devant de la scène du projet de la Baraquette. 50 appartements et villas de luxe auraient dû être construits à la fin de l’année, selon le promoteur. Où sont-ils ? Faisant fi de cette question, Yves Michel a vanté ostensiblement ce projet, en expliquant qu’il aurait bien volontiers engagé la caution et les finances de la ville pour l’appuyer dès 2016.

 

Novembre 2017 : le maire : « La Baraquette ? Connais pas !!! »

Voilà qui tranche singulièrement avec sa dernière prise de position officielle sur le sujet ! En novembre 2017 alors que le projet « Baraquette » battait déjà de l’aile, le maire avait botté en touche, pressé par les représentants des comités de quartier de donner des informations sur les travaux au ralenti: « Après avoir répondu aux questions sur les projets publics de la ville, vous me demandez des éclaircissements sur les projets privés, que je ne maîtrise bien sûr pas, pour des raisons aisément compréhensibles. Imaginez : vous obtenez un permis de construire, et tous les jours quelqu’un passe devant chez vous pour vous demander qu’est-ce que vous allez faire, quand est-ce que ce sera fini etc. Au bout d’un moment vous répondez : « Je fais ce que je veux de mon argent, du moment que ma construction est légale ». J’invite donc les curieux à téléphoner directement aux promoteurs ».

« La Baraquette » qui était l’année dernière totalement étrangère au maire, redevient d’un seul coup projet municipal !! Pourquoi ? Par ce qu’une société a annoncé récemment investir sur l’hôtel prévu sur la zone !

Et miracle !, le maire re-re déroule le tapis rouge aux promoteurs !

Et du coup, il nous a proposé au conseil municipal du 30 octobre, non pas une, mais deux modification du Plan Local d’Urbanisme !

 

La zone de l’opération « Baraquette » étendue :

Ainsi le maire a fait voter par sa majorité une extension de la zone UT (la zone de construction de « La Baraquette ») pour permettre la réalisation d’une salle de conférence associée au complexe touristique, et ce sur 3 parcelles (0125, 0126, 0127) adjacentes. Pourquoi ? Sur un terrain de 6 ha, sans aucune construction actuellement, n’y avait-il pas de possibilité d’inclure une salle de conférence ?

 

Et pour monter encore plus haut :

De plus, le maire a fait modifier le règlement intérieur de la zone UT (actuellement limité à 12 m de haut) pour permettre la création d’un niveau supplémentaire pour l’hôtel !

En résumé, ce que demande le promoteur, le maire l’accorde par des révisions du PLU !!!

Chaque promoteur va-t-il faire son marché comme il l’entend ?

- « Il te faut quoi : une extension ? Pas de problème ! »

-« Une dérogation à la hauteur ? Mais je vous en prie !! ».

Proméo nous bluffe sur la hauteur dans son opération sur le port ; sur la Baraquette « on allège », selon les mots du maire. Que vont demander les autres promoteurs, Nexity pour le port et Rambier pour le Pioch de Pire ?

Bien sûr, si vous êtes un particulier, inutile de demander les mêmes aménagements !!!

A ce rythme le PLU risque de devenir un véritable gruyère !!

A noter un incident curieux: au moment du vote et sous le feu de mes questions, un élu de la majorité a déclaré ne pas vouloir prendre part au vote car lui et/ou sa famille seraient propriétaires d’un terrain jouxtant la zone d’extension de La Baraquette … Pourquoi, alors qu’il n’est pas directement concerné ?

dessin VERGOGNE

OPERATIONS LOGEMENTS SOCIAUX : 400 000 EUROS DE PENALITES POUR LES MARSEILLANAIS !

On l’a vu, le maire est prêt à se plier en 4 pour satisfaire aux demandes des promoteurs sur les zones touristiques. Malheureusement, pour le reste de la ville, c’est loin d’être le cas. Ce qui a énervé, c’est le moins que l’on puisse dire, le préfet … Récit.

La question suivante à l’ordre du jour du Conseil portait sur les logements sociaux. Que ce point soit immédiatement abordé après les cadeaux aux promoteurs de « La Baraquette » ressemblait à du cynisme ou à de la provocation. Produire des logements sociaux sur Marseillan est une obligation. Or le maire n’a pas respecté la loi et encore une fois ses promesses (ça devient une habitude) malgré les multiples injonctions adressées par les services de l’Etat.

 

Le résultat est là :

Sur les 200 logements sociaux qui devaient être produits entre 2014 et 2016, seulement 7 sont sortis de terre. Et le faible taux de ce type de logements sur la ville (7,6% contre les 25% exigés par la loi) a obligé le préfet à établir un constat de carence. Cela signifie en clair que désormais les services de l’Etat pourront préempter n’importe quel terrain ou immeuble en vente sur la ville en vue d’y construire du logement social, sans avoir l’avis préalable du maire.

Encore une fois, le maire est pris en flagrant délit de promesses non tenues, comme celle prononcée lors d’un Conseil municipal de 2012 : « Je serai le maire qui aura construit le plus de logements sociaux que toutes les autres municipalités réunies» ou une autre en 2010 : « en 2014 : toutes les demandes des Marseillanais en matière de logements sociaux seront satisfaites » !!!

Et ces promesses non tenues, elles vont coûter cher : l’amende de l’Etat a été portée à 400 000 euros par an, amende qui sera bien sûr payée par l’ensemble des contribuables, et qui va encore alourdir les montants prélevés sur les plus modestes !!!

Il faut savoir que 70% des Marseillanais du fait de leurs ressources, peuvent prétendre à un logement social. Que les prix du locatif au m², ainsi que le montant très élevé des taxes locales (+30% d’augmentation de la taxe d’habitation cette année) obligent trop souvent nos concitoyens à rechercher une solution de logement dans les villages voisins. 

C’est bien la preuve que depuis 2008, Yves Michel est bien le maire des très riches, au détriment la grande majorité!!!

Ce qui nous a fait lui demander s’il se sentait encore le maire des Marseillanais avec des cadeaux aux promoteurs d’un côté, et 7 logements sociaux, des hausses d’impôts locaux, des taxes sur l’eau… de l’autre.

 

Christine Carrié-Mahmouki

Conseillère municipale.