Vous l’avez peut-être remarqué, un de nos articles a disparu de notre blog. Il s’agissait d’un papier sur un projet immobilier marseillanais, soutenu activement par Yves Michel, au point d’en faire une de ses promesses de campagne en 2014.

En 2018, nous nous étions interrogés sur le silence de notre premier magistrat, qui se borne désormais à déclarer que « C’est un projet privé sur lequel [il n’a] aucune information » et sur la lenteur des travaux.

Pourtant nous avions bien bossé pendant près de 2 mois pour vous livrer nos conclusions, après coupage et recoupage d’informations vérifiées et donc solides.

Cet article n’a pas plu à certains. Et même pas du tout. « On » nous a donc téléphoné pour nous expliquer que si nous ne retirions pas cet article du blog très rapidement « On » allait s’occuper de nous. Sous-entendu : une plainte serait déposée pour diffamation (pour éviter toute nouvelle plainte en diffamation, celui qui nous a téléphoné n’est pas un élu de la ville).

Qu’avons-nous fait ? Eh bien nous avons retiré l’article.

Pourquoi avons-nous cédé au chantage ? Cela mérite quelques explications pour vous qui n’êtes pas familiers de la justice. Que les professionnels nous excusent par avance, nous allons faire un résumé pour que nos lecteurs comprennent.

En France, vous avez grosso-modo le droit de dire et ce que vous voulez, sauf cas manifestes de provocation à la haine raciale ou d’appel au meurtre par exemple.

Si vous rédigez  un tract que vous distribuez la nuit tombée dans Marseillan, même si votre tract est un ramassis de mensonges, il y a peu de chance que la justice s’intéresse à votre cas : le juge considèrera que votre tract n’a pu être lu que par les Marseillanais, ce qui en limite la portée.

Par contre si vous écrivez sur un blog, vous êtes assimilé à un media national, du type Le Figaro, Le Monde ou l’Huma (si si !!). Parce qu’un nombre infini de personnes sont susceptibles de vous lire, que vous habitiez à Marseillan, New-York, Tamanrasset ou Tokyo.

Donc là vous tombez sous la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Et si quelqu’un dépose plainte contre vous, le juge d’instruction vous met en examen automatiquement.

Donc tribunal, donc procès, donc frais d’avocat …

Il vous faut alors prouver au juge et au procureur non pas que vos arguments sont étayés, mais que vous n’avez pas cherché à nuire intentionnellement au plaignant, dans le but par exemple de vous venger de lui. Donc le juge juge sur la forme, pas sur le fond.

Cela nous est déjà arrivé il y a quelques années avec un adjoint au maire qui n’avait pas apprécié que nous critiquions un permis de construire qu’il avait délivré. Nous avions été relaxés, le procureur n’avait d’ailleurs par suivi les requêtes de la partie adverse.

La plaisanterie nous avait coûtée tout de même 3000 euros de frais d’avocat. Pour récupérer cette somme, nous aurions dû alors relancer la procédure en sens inverse, pour réclamer au plaignant le remboursement au titre des dommages et intérêts, mais relancer la procédure aurait signifié nouveaux frais d’avocat. Nous avions préféré laisser tomber.

Donc là pareil : nous ne sommes pas milliardaires, et nous ne pouvons pas nous permettre de débourser 3000 euros à chaque fois qu’ « On » veut nous attaquer. Et nous préférons garder nos sous (les cotisations de nos adhérents) pour faire vivre notre association « Marseillan J’en Pince » et continuer à vous informer sur la vie politique municipale et au travers des actions que nous menons (journal d’information, réunions diverses etc.).

C’est rageant mais c’est ainsi !!! Et si le projet ne voit pas le jour, « On » ne pourra pas dire que c’est de la faute de « Marseillan J’en Pince » !