Alors que le beau temps est enfin revenu mais que les nouvelles sont toujours aussi moroses, rien de tel, pour se détendre, que de se plonger dans la lecture du Cridaïre, le magazine de l’actualité heureuse du maire. Eh oui, amis Marseillanais, amies Marseillanaises, vous l’ignoriez peut-être, mais chez nous TOUT VA BIEN !

 

Eh oui, QU’EST-CE QU’ON EST BIEN à Marseillan ! Vous ne nous croyez pas ? C’est pourtant Yves Michel qui l’écrit lui-même dans le Cridaïre de juin !

Prenez l’article consacré au budget : baisse des impôts à tours de bras, maîtrise des dépenses et hausse des investissements, et tous les budgets sont en équilibre !!! Tout ça grâce à qui ? Grâce à Yves !!!

Bon allez on redevient sérieux. Ce n’est pas parce que le maire a supprimé notre tribune libre dans le journal municipal (voir notre précédent article) qu’on n’a pas le droit d’émettre ici des réserves sur cette propagande « Cridaïrienne », qui prêterait à sourire si le sujet n’était pas aussi grave. 

 

Retour sur l’argumentaire du maire :

 

Baisse de la taxe d’habitation de 30% :

Qu’est-ce que le maire a à voir là-dedans ? Rien. C’est une mesure nationale voulue par le président Macron, dont on se demande par ailleurs comment elle sera financée.

 

Baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères de 21% : 

Qu’est-ce que le maire a à voir là-dedans ? Rien encore une fois. Les ordures ménagères ne sont pas gérées par la ville, mais par l’Agglo. Pourquoi cette baisse ? Le journal « Notre Agglopôle magazine » (journal de l’Agglo) l’explique page 4 : la Chambre régionale des comptes (vous savez, celle qui ne fait rien qu’embêter notre maire) a exigé que le service d’enlèvement des ordures ménagères ne fasse plus d’excédents sur le dos du contribuable. D’où la baisse de 21% de la taxe !!!

 

Baisse de la taxe sur le foncier non-bâti de 5% :

Nous vous l’avions déjà expliqué dans un précédent article. Bien sûr, une baisse reste une baisse et il vaut mieux s’en réjouir. Sauf que cette mesure annoncée à grand fracas par Yves Michel ne coûtera que 5000 euros au budget, et elle devrait faire baisser la note du contribuable assujetti d’environ … 1 euro !

En outre, il ne s’agit là que d’une baisse de la hausse, car le seul maire à avoir augmenté cette taxe au cours des 20 dernières années a été … Yves Michel ! Et le taux de cette taxe reste encore plus élevé qu’en 2008, année de son élection. Augmenter puis baisser un peu, ça fait toujours une bonne publicité pour pas cher !!!

 

« Les budgets annexes sont équilibrés » :

Heureusement qu’ils le sont !!! C’est la base de la comptabilité communale !!! Le maire n’a pas le droit de présenter des budgets en déséquilibre : les recettes doivent être au moins équivalentes aux dépenses …

Quitte pour cela à équilibrer les budgets … Par des emprunts …

C’est le cas du budget gendarmerie : 6 millions d’euros ont été empruntés pour financer la construction de la caserne. Le ministère de la Défense verse un loyer, certes. Mais il n’empêche qu’il restera un solde à régler, et qu’à terme c’est le contribuable Marseillanais qui le paiera !

Nous ne sommes pas en train de dire qu’il ne fallait pas construire la gendarmerie, soyons clairs. La municipalité Méric avait acheté un terrain en 2007 pour l’accueil de la gendarmerie, et le maire de l’époque avait obtenu l’accord de déménagement d’Agde vers Marseillan. 6 ans plus tard, Yves Michel n’avait toujours pas donné son feu vert, et pire, refusait de prendre en charge la construction de la caserne. Il avait fallu l’intervention du député de l’époque, Sébastien Denaja, pour obtenir un délai supplémentaire. Raison du renâclement d’Yves Michel ? Ce dernier avait tellement emprunté qu’il n’était plus en capacité de financer le bâtiment pourtant prévu de longue date !

 

Cas du budget Marseillan Location :

Ce budget gère actuellement les miettes de ce qu’étaient autrefois les biens touristiques municipaux, après la vente des deux campings et le bail pour la gestion des ex-bungalows à une société nommée Franceloc.

Il faut savoir que la ville a emprunté en 2016 sur 30 ans 6 millions d’euros pour refaire en quasi-totalité les bungalows et s’est engagée à créer une piscine sur cet espace, réservée aux campings et aux touristes en saison. L’hiver, vous pourrez en profiter amis Marseillanais !  Tout ça pour donner les bungalows en gestion à Franceloc, sans mise en concurrence, qui en échange reverse à la ville un loyer de 235 000 euros par an.

Par un calcul aisé, on se rend compte de l’ineptie de la chose : 6 millions empruntés sur 30 ans, même à 1% d’intérêt, cela revient à rembourser plus de 7 millions, soit exactement le montant du loyer de 235 000 euros sur 30 ans payé à la ville par Franceloc.

Gain pour la ville et les Marseillanais avec la solution Yves Michel : 0, alors que les bungalows précédents, gérés en direct, permettaient de réaliser un bénéfice de 80 000 euros par an, soit 2,4 millions sur 30 ans !!!

Et ce n’est pas fini : les bungalows en dur ont été rasés pour laisser la place à des chalets en PVC. Durée de vie dans un camping traditionnel : entre 7 et 10 ans, dans des conditions normales d’utilisation.

Cela veut dire que sur la durée du bail (30 ans, on le répète), la ville devra changer entre 3 et 4 fois les bungalows avec son propre argent (il n’est nulle part dit dans la convention que ce serait à la charge de Franceloc). Coût d’achat des bungalows en 2016 : 2,8 millions d’euros. Ce qui veut aussi dire qu’en 30 ans la perte sèche pour la ville s’élèvera au minimum à 8,4 millions d’euros, sans compter la piscine si elle voit le jour !!!

Ca c’est de la gestion de « chef d’entreprise » !!! Et c’est cela aussi, un budget « en équilibre » ?

 

Budget principal :

Le maire claironne sur ses 5, 1 millions d’investissement (c'est-à-dire de travaux) en 2017.

La marge de manœuvre du maire « qui se félicite de bien gérer son budget » est comprise entre 0 et 1 million, les années où il ne vend pas le patrimoine municipal (maintenant il n’y en a plus, problème réglé).

C'est-à-dire qu’il lui faut chaque année trouver entre 4 et 5 millions pour payer ses dépenses.

Comment fait-il alors ? Il va dire régulièrement bonjour au bonhomme vert Cétélem, tout simplement !  

Ainsi, cette année, il lui a fallu mobiliser en urgence un emprunt de 1,8 millions pour équilibrer son budget, et encore, cela n’a pas suffit …

La preuve : savez-vous pourquoi les travaux du port n’avancent pas ?

Parce que, malgré cet emprunt, Yves Michel n’a pas réussi à payer toutes ses factures de 2017. Ne pouvant plus payer, les travaux sont arrêtés ! Tout simplement  une fois de plus !

Une autre preuve de ce que l’on raconte :

Savez-vous pourquoi Yves Michel emprunte sur 25 ans pour renouveler le parc des véhicules de la ville, alors qu’un véhicule à une durée de vie de 10 ans, et pourquoi il emprunte sur 30 ans pour acheter des bungalows qui ont une durée de vie de 10 ans ? Ce qui est complètement absurde ?

Parce qu’il est incapable d’emprunter sur une période moins longue, car il ne serait alors pas en capacité de pouvoir rembourser les annuités du crédit. Tout simplement encore une fois ! Mais comme il ne peut pas s’empêcher de dépenser pour en mettre plein la vue aux Marseillanais, il en est réduit à prendre des décisions irrationnelles sur le plan comptable !

Et c’est ainsi que nous nous retrouvons 2ème ville la plus endettée de l’Hérault, avec une dette qui a doublé depuis l’élection d’Yves Michel, et une pluie d’emprunts sur 30 ans, dont les effets se feront sentir au moins jusqu’en 2048 …

 

Mais ça, bizarrement, le maire n’en parle pas dans le Cridaïre … Faute de place, tout simplement ?

Allez, on se permet un suggestion : un article sur la dette dans le prochain numéro. Yves Michel sera sûr qu'aucune autre ville ne pourra le battre sur le volume d'emprunts !!!

 

dessin budget