Vous avez pu constater ce mois-ci, dans Lo Cridaïre (journal de la municipalité) l’absence de tribune libre de notre conseillère municipale, Christine Carrié-Mahmouki, au nom de notre groupe Marseillan J’en Pince.

La loi impose cependant de laisser un espace de libre expression à l’opposition dans le journal municipal.

Alors qu’est-ce qu’il s’est passé ?

On va essayer de faire simple :

Il s’agit d’une vilaine manœuvre d’Yves Michel, avec la complicité de deux conseillers municipaux soi-disant d’opposition, Pour tenter de museler notre groupe. Tout simplement !

 

dessin YM MJP

Revenons un peu en arrière ...

Echec de Williams Méric aux municipales de 2014. Trois membres seulement de sa liste "Marseillan pour tous" sont élus. Ils forment un groupe. Ce groupe ne réussit pas à fonctionner correctement : un élu n'a quasiment jamais siégé (il a démissionné depuis et a été remplacé), un autre était très souvent absent, et aucun des deux n'a jamais écrit la moindre tribune libre. Christine Carrié-Mahmouki choisit alors de s’appuyer sur notre association Marseillan J’en Pince (composée en partie d’anciens élus du mandat 2001-2008 de Méric qui n’avaient pas pris part à la campagne de 2014), dont elle est membre afin de préparer correctement ses votes au Conseil. Tout en s’occupant de la rédaction de la tribune libre.

La situation dure ainsi jusqu’en mai 2018, au moment où les deux autres conseillers de la liste « Marseillan pour tous » font annoncer par le maire, lors du dernier conseil municipal, leur décision de former un nouveau groupe, composé d'eux deux. Du coup, Christine se retrouve officiellement seule dans son groupe. Or le règlement intérieur du Conseil municipal stipule que pour former un groupe il faut être au moins deux. Ainsi selon le maire, Christine ne peut plus prétendre former un groupe, et donc perd sa capacité à rédiger une tribune libre dans le journal de la ville.

Pourquoi avons-nous dit qu’il s’agissait d’une vilaine manœuvre du maire ? Parce que ces deux conseillers (élus sur la liste Méric, on le rappelle) votent depuis 2 ans exactement comme la majorité Michel au Conseil municipal et sont donc, de fait, devenus des conseillers de la majorité !

Belle aubaine pour Yves Michel, qui n’en demandait certainement pas tant, et qui a profité de l’occasion pour supprimer le droit de parole de Christine sur un support diffusé aux 8000 habitants de notre commune ! Aurait-il eu peur de ses tribunes libres ? Sinon pourquoi échafauder un tel plan ?

Bien sûr, nous sommes en démocratie, et les conseillers ont le droit de s’exprimer librement et de voter comme bon leur semble. Faire semblant de créer un groupe pour rejoindre le groupe majoritaire n’est pas un délit.

Néanmoins, nous nous posons des questions : pourquoi ces personnes ont-elles accepté de figurer sur la liste Méric, qui présentait un programme radicalement différent de celui d’Yves Michel, sur l’aménagement de la ville, la gestion des finances publiques, la vision à long terme de son développement etc. pour finir par approuver tout ce que fait le maire, donc bafouer leur engagement devant les 22,5% d’électeurs qui ont voté Méric en 2014 ?

A la différence de Christine.

Revenons-en à la décision du maire : selon lui, seul un groupe constitué peut s’exprimer dans le journal municipal. Sauf que cette notion de groupe ne s’applique pas aux Conseils municipaux, comme l’a démontré Christine, textes législatifs à l’appui. La maire a pris bonne note de sa lettre, et lui promet une réponse … On attend toujours !!!

Voici copie de sa lettre au maire :

LC 1

LC 2

 

 

 Pour finir, voici les précisions de Christine :

« Notre liste « apolitique » était tout de même composée d'un ancien maire socialiste et de 7 membres du PS. La gauche marseillanaise n'avait pas adhéré au principe de cet « apolitisme ». Reconnaissons aujourd'hui l'échec de cette liste qui s'est délitée, même si nombre de ses membres ont préféré un engagement citoyen dans les associations. Cela est éminemment respectable et pour moi c'est cela aussi cela faire de la politique au sens large.

J'ai conservé le nom de "Marseillan pour tous" car je n'oublie pas les 22,5% des Marseillanais qui m'ont élue et l'équipe avec qui j'ai mené campagne.

Après la décision de mes deux colistiers de créer un groupe, j'ai déclaré que leur décision m'autorisait à sortir d'une certaine réserve et à affirmer officiellement que j'étais membre du PS et que j'en défendais les thèses.

Opposition constructive : J'EN SUIS:

  • Quand je demande la gratuité des activités périscolaires (aujourd'hui hélas disparues) ou des tarifs cantine réellement dégressifs selon les ressources des parents,
  • quand avec Marseillan J'en Pince nous dénonçons le projet fantôme de la Baraquette,
  • quand nous informons, rencontrons l'enquêteur public pour le PLU et révélons les projets de bétonnage du port,
  • quand nous dénonçons la politique du « tout tourisme » du maire, les risques pour l'étang, l'agriculture et le logement des Marseillanais,
  • quand je m'oppose aux choix budgétaires, aux pratiques déviantes dénoncées par la Cour des comptes, quand je dénonce un endettement astronomique et un déficit record cette année, ou quand je m'indigne des manipulations, effets d'annonce et de communication dont est friand notre maire.

Pour finir, la démocratie se nourrit du débat contradictoire, nous avons besoin aujourd'hui de tous les corps intermédiaires et des contrepouvoirs pour que ne triomphent ni la pensée unique ni les imposteurs en communication

C'est tout le sens du mot "tribune libre" ».

Christine Carrié- Mahmouki.