Ce mardi 27 mars, le Conseil municipal s’est réuni avec plusieurs points à l’ordre du jour, dont le principal était consacré au rapport d’orientation budgétaire, appelé ROB, et qui a succédé au débat d’orientation budgétaire, nommé DOB, que nos lecteurs assidus connaissent bien.

Qu’est ce que le ROB ? C’est un document obligatoire que doit présenter le maire en Conseil municipal, préalablement au vote du budget. Il vise à informer les conseillers municipaux de l’état exact des finances de la ville : 

  • En dressant un état exact des recettes et dépenses de la ville au cours de ces dernières années,

 

  • En dressant  une prospective financière des capacités d’emprunt ou d’investissement pour les prochaines années.

Il devra être publié sur le site de la ville à l'attention des citoyens et sera transmis au préfet.

 

 

Ce ROB se présente sous la forme d’un document de 33 pages, emplis de chiffres, de données, de considérations sur la politique monétaire et fiscale nationale et internationale rapportés à la situation de Marseillan. Inutile de préciser qu’à moins d’être un économiste chevronné, ce document est inaccessible au commun des mortels.

Y compris à notre maire, puisqu’il a depuis son élection délégué la gestion du budget communal à un cabinet privé, et depuis peu aux services de l'Agglomération.

Mais comme à Marseillan J’en Pince nous ne reculons devant rien pour vous informer, même pas devant une avalanche de chiffres, nous avons essayé de résumer et rendre compréhensibles les enseignements du ROB 2018. Les illustrations sont des captures d’écran du ROB.

 

Budget 2017  : des recettes en baisse et des dépenses en hausse

Tout d’abord catastrophe ! En 2017 les recettes de fonctionnement ont chuté de 7%.Cela est dû selon le maire à la baisse des aides de l’Etat, appelées DGF, pour un total de 660 000 euros sur 4 ans.

Dans le même temps, le maire nous explique que, pas de bol, il est dans l’incapacité de maîtriser la hausse des dépenses de fonctionnement : +4% en 2017, soit 500 000 euros de dépenses en plus par rapport à 2016.

On résume : selon les chiffres donnés par le maire, nous avons pour 2017 une hausse des dépenses de 500 000 euros et une baisse des recettes de 660 000 euros, qui représentent au total 1,16 millions de moins, soit 8% du budget.

Si demain on vous annonce qu’on vous ampute de 8% de vos revenus, que feriez-vous ? (rapporté à une personne qui gagne 1500 euros par mois, cela fait 1440 euros de moins à la fin de l’année).

  • Est-ce que vous continueriez à faire comme avant ?
  • Ou feriez-vous attention à vos dépenses ? 

Les gens censés se rallieraient à la deuxième solution. Mais pas notre maire, qui a décidé pour les 3 prochaines années de continuer sa politique de dépenses contre vents et marées, comme nous allons le voir plus loin …

 

Yves Michel ne peut pas invoquer l’effet de surprise sur la baisse des aides de l’Etat. Il l’explique d’ailleurs lui-même dans le ROB : l’enveloppe pour toutes les communes de France diminue globalement de 5 millions par an chaque année. Donc il n’était pas compliqué d’anticiper la baisse 2017, et d’adapter son budget, contraint et forcé.

art évolution DGF

 

Ensuite, le renforcement des pouvoirs des agglomérations (nous appartenons à Sète Agglopole Méditerranée, nouveau nom de Thau Agglomération) a entraîné le transfert d’un certain nombre de fonctionnaires de la ville vers l’agglo (9 au total en 2017), qui tout en continuant à travailler sur Marseillan, ne sont plus payés par le budget municipal, mais par l’agglo.

De plus, Yves Michel s’est vanté en Conseil municipal d’avoir eu recours à 50 employés en moins en 2017 (rien que ça ???). Comment se fait-il alors que la charge des salaires relevant de la ville augmente cette année de 200 000 euros, alors qu’elle aurait dû baisser ? (Elle passe de 7,489 millions en 2016 à 7,675 millions en 2017 NDLR).

 

 

2017 : Un « trou » de 4,9 millions d’euros !

En réalité, le maire s’est fourré tout seul dans un dangereux guêpier : il a continué à dépenser, bien au-delà des capacités réelles de la commune.

 

C’est ce qu’explique le ROB ci-dessous :

 

art déficit reporté 2017

 

 

Traduction :

1)      il manque à Yves Michel 1,4 millions pour équilibrer son budget 2017, c'est-à-dire payer les factures exigibles avant le 31 décembre 2017.

2)      Mais il a également fait réaliser en 2017 pour plus de 3,5 millions de travaux, travaux également impayés.

3)      Il doit donc régler 4,9 millions d’euros au titre de l’année 2017.

 

Comment va-t-il faire ? Dans un premier temps, il va boucher le trou le plus pressé, c'est-à-dire emprunter 1,8 millions pour rembourser les 1,4 millions immédiatement dus.

Ensuite, il commencera l’année 2018 avec un déficit de – 3,5 – 1,4 + 1,8 = 3,1 millions d’euros !!!

Le 1er janvier n’était pas encore fêté comme il se doit par les Marseillanais que la ville avait déjà des factures à devoir pour 387 euros par habitant !!!

 

2018 : 0 euros de marge de manœuvre !

Toute l’énergie du budget 2018 servira à boucher le trou 2017, nous l’avons vu. Et ce jusqu’au dernier centime, puisque selon le maire lui-même (voir ci-dessous) il devrait rester 0 dans les caisses  de la ville au 31 décembre 2018.

art 0 budget 2018

 

 

2019-2020 : emprunter encore et toujours !

Notre maire s’est lancé comme on l’a vu dans une cavalerie financière pour s’extirper de la situation dans laquelle il s’est mis lui-même.

Est-ce que cela va l’inciter à plus de mesure pour l’avenir ?

Pas du tout ! Pour les exercices 2019 et 2020, notre maire prévoit ainsi de dépenser … 19 millions d’euros supplémentaires !!

  • 9,770 millions en 2019,
  • 9,370 millions en 2020

Comme le montrent ses prévisions budgétaires :

 


art budgets 2019 2020

 

 

NDLR : on remarquera que le maire affiche 4,1 millions de dépenses dans son budget 2018. Ce sont en réalité les travaux non payés de 2017. Ça lui permet de faire croire qu’il a encore les moyens cette année d’investir !!!

 

Revenons-en à 2019 et 2020 :

Si le budget est à 0 en 2018, comment pourra t-il dégager 19 millions d’euros d’excédents pour 2019 et 2020 ?

Par des subventions … Mais essentiellement par l’emprunt !!

 

 

La dette : Marseillan deuxième ville la plus endettée de l’hérault !

Selon les chiffres communiqués par Yves Michel dans son ROB, la dette du budget principal atteint 18 millions d’euros.

art évolution dette

 

Mais il n’y a pas que le budget principal à être touché. Les budgets annexes (ports, construction de la gendarmerie, etc.) sont aussi endettés.

Si on agglomère la totalité des dettes de la commune, nous arrivons à plus de 29 millions de dettes !!! Pour la résorber, il faudrait ne plus rien investir sur la commune pendant plus de 11 ans !!

Au-delà de 9 années, les économistes considèrent que la situation financière d’une collectivité devient intenable.

 

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

Pour vous faire une idée de l’ampleur de la catastrophe : pour rembourser la dette d’un seul coup, il lui faudrait demander un chèque de 2482 euros à chacun de nos concitoyens, du nourrisson au centenaire. Ainsi une famille de 4 personne devrait faire un chèque de près de 10 000 euros !

 

Nous sommes selon Yves Michel la deuxième ville la plus endettée de l’Hérault non seulement par le volume total de la dette, mais aussi par la somme due par habitant !

art classement dettes

 

Tout ceci est le résultat de la politique menée depuis 2008, première année d’élection du maire.

Les hausses massives d’impôts (3 millions de prélèvements supplémentaires sur les contribuables Marseillanais entre 2008 et 2017) et la vente de tous les biens patrimoniaux n’ont jamais suffi à assouvir la soif de réalisation d’Yves Michel, qui n’a jamais réussi à limiter ses dépenses de fonctionnement.

Qui dit fortes dépenses de fonctionnement, dit aussi faible capacité d’investissement. Celle-ci est variable selon les années, et se situe entre 0 et 1 million d’euros par an.

Cependant chaque année Yves Michel investit en moyenne 5 millions d’euros. Cela veut dire que le reste est payé majoritairement par l’emprunt, avec les conséquences que nous avons vues ci-dessus !

 

En 2020 auront lieu les élections municipales. Dans quel état le successeur trouvera t-il les caissesde la ville ?